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15.06.2020 - Durabilité Pour le pain de ses usines JOWA, Migros mise sur le blé cultivé sans aucun pesticide

Zurich - Après des tests qui se sont révélés concluants, Migros entame officiellement la conversion vers une culture de ses céréales panifiables sans aucun recours aux pesticides. La société JOWA transforme chaque année 85 000 tonnes de céréales IP-SUISSE en pain et en produits de boulangerie pour le compte de Migros. Pour ce faire, elle utilise déjà des céréales sans fongicides, insecticides et raccourcisseurs de paille. Dorénavant, elle se passera aussi d’herbicides. D’ici 2023, Migros n’utilisera plus que des céréales issues d’une culture entièrement exempte de pesticides.

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JOWA, la boulangerie de Migros, est la première boulangerie suisse et le plus grand acheteur de céréales du marché helvétique. Pas moins de 85 000 de tonnes de céréales panifiables IP-SUISSE sont transformées chaque année en pain et en produits de boulangerie. En étroite collaboration avec IP-Suisse, Migros contribue ainsi activement à façonner le paysage suisse de la culture de blé et œuvre en continu à faire évoluer cette dernière pour le bien de la nature, des agriculteurs et des consommateurs. Mais pour Migros, cette démarche est aussi un engagement volontaire et une réponse à un besoin de la clientèle. Consciente de sa responsabilité humaine, environnementale et économique, l’enseigne a d’emblée fait le choix, avec JOWA, de miser sur des matières premières produites de façon durable. «J’adresse des remerciements tout particuliers à nos partenaires IP-Suisse pour le courage et la conviction avec lesquels ils ont mis en œuvre de façon méthodique une culture du blé exempte de pesticides. C’est une étape importante que nous franchissons avec tous les partenaires de la chaîne de création de valeur en les soutenant de notre mieux», explique Tobias Eugster, chef de la Business Unit Pain et produits de boulangerie, et responsable de ce projet chez JOWA.

Une production zéro pesticides
JOWA collabore avec IP-Suisse et cultive les céréales de ses pains et produits de boulangerie sans recourir aux fongicides, aux insecticides ni aux raccourcisseurs de paille depuis plus de 20 ans déjà. L’utilisation des herbicides et le traitement des semences avec des pesticides restaient autorisés afin de garantir la qualité voulue et d’empêcher les pertes de récoltes. Désormais, la culture sera entièrement exempte d’herbicides et les semences ne seront plus traitées aux pesticides. Le sarclage sera réalisé à l’aide d’appareils spéciaux ou bien à la main. Les 85 000 tonnes de céréales IP-Suisse que JOWA transforme chaque année pour le compte de Migros seront cultivées d’ici 2023 entièrement sans pesticides. Ce projet est mené conjointement par Migros, JOWA, l’EPF de Zurich, la HAFL (Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires) et IP-Suisse. Grâce à des années de travaux préliminaires et d’essais pratiques, la qualité et la sécurité d’approvisionnement resteront assurées.

Conversion progressive jusqu’en 2023
Avec cette conversion, Migros contribue de manière importante à forger une culture suisse du blé encore plus proche de la nature et à promouvoir encore davantage la biodiversité. Ce processus s’articulera en quatre phases, chacune étant associée à une augmentation des quantités de blé cultivées sans pesticides. L’année dernière, 6000 tonnes de blé ont déjà été récoltées sans aucun recours aux pesticides. Après la récolte de 2020, ce chiffre passera à 8500, puis à 25 000 en 2021 et à 51 000 en 2022, et enfin à la totalité des 85 000 tonnes en 2023. Cultiver les céréales sans aucun pesticide constitue un défi de taille pour les paysans, les moulins et les transformateurs. 

Recherche avec l’EPF de Zurich, IP-Suisse et la HAFL
En 2017 déjà, JOWA et l’EPF de Zurich s’étaient appuyées sur un modèle agronomique pour analyser les conséquences d’une culture sans pesticides. En 2018 avait démarré l’essai pratique de trois ans, lancé par JOWA conjointement avec IP-Suisse et la HAFL, la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires. Depuis 2019, un postdoc, là encore en collaboration avec l’EPF de Zurich, conduit une enquête auprès de plusieurs milliers d’agriculteurs afin de mettre en lumière les conditions nécessaires à une telle mesure. L’objectif de toutes ces recherches – asseoir le projet «Agriculture sans pesticides» sur un socle de données objectives – est maintenant atteint. Une analyse minutieuse et précise a ainsi été menée concernant les effets sur la prévention et la lutte contre les mauvaises herbes, l’utilisation d’engrais, les rendements et les marges contributives lors de chaque étape vers une culture du blé sans pesticides.